Rire ou pleurer? | Chronique


Cette semaine a été riche en événements dont un qui n’a pu échapper à personne  vu qu’il s’agit de la visite du président français  en Martinique.  La visite de ce dernier  est normale, la n’est pas le problème mais à chacune des visites de ces présidents,  il y a comme une sensation de déjà vu a croire  que tout est théâtralisé de façon à montrer au monde les Antilles comme  des territoires  ou les habitants ne souffrent  pas, avec la  joie de vivre pour laquelle on pense les connaître de par  certains  ambassadeurs* « doudouistes »  du siècle dernier.

Une vidéo circule actuellement sur les réseaux sociaux, il s’agit d’un concentré d’événements  qui  ont constitué cette visite, chacun s’en fera son avis mais c’est un bon support pour observer nos comportements. Notons quand même qu’il n’y a pas  non plus une foule  si énorme que ça au point de généraliser.

Bien évidemment, la Martinique toute entière ne peut pas être  représentée par un échantillon qui  a fait le choix de se rendre à cette visite,  cependant plusieurs choses m’ont marqué et je ne pense pas être le seul vu que ces choses ont pour la plupart été relevées par les réalisateurs de la vidéo.

Tout d’abord,  l’ambiance générale m’a  rappelé à quel point  certaines personnes sont encore à la recherche d’une reconnaissance de la « mère patrie » et cela m’a fait un peu de peine car j’ai tout de suite eu en tête une vidéo  d’archive datant de  1964 ou certains de nos parents ou grands-parents étaient prêts a  grimper dans des arbres pour apercevoir l’élu  et ou on sentait leur cœur se remplir de joie quand ce dernier leur a dit « Mon Dieu comme vous êtes français! ».

Quelques années plus tard, ce même présidents qui déchaînait les foules  déclarait lors d’un entretien:  

« Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Élysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. […] Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Élysée. Et puis je vous assure que c’est sans intérêt. »

En lisant ceci ne  pensez pas que je me moque, c’est vraiment une sensation de  tristesse qui m’anime surtout quand j’imagine l’état psychologique dans lequel ceux qui nous ont précédé étaient, c’est pour cela que l’histoire semble se répéter. On se passera de développer sur le chant de la marseillaise « tous en cœur » vu qu’il s’agit d’un sujet délicat pour certaines personnes qui n’acceptent pas l’idée qu’il s’agit  d’un chant d’une  autre époque  et qu’elle contient des paroles douteuses,  pour nous en tout cas.

Un MAIRE, c’est à dire un « représentant du peuple » s’empresse  fièrement de montrer à son supérieur ce qu’est une « vraie chabine » comme s’il s’agissait d’une espèce animale en voie de disparition. Bien sûr depuis petit nous avons l’habitude d’être  désigné par nos couleur de peau entre nous il s’agit d’une réalité, mais la Martinique n’est pas un zoo à ciel ouvert   à qui on se présente aux « gens de l’extérieur » selon des classifications qui découlent ni plus ni moins de l’esclavage….

Pour terminer,  nous ferons comme si nous n’avons  rien vu ni entendu en se quittant sur un classique intouchable de la musique martiniquaise.

On pourrait se demander pourquoi parler du négatif, mais il devient peut-être un problème à partir du moment ou il nous représente aux yeux du monde: si c’est le cas il est dans notre  intérêt de sensibiliser les membres de notre entourage qui seraient susceptibles de participer à ce genre de spectacles.

*Je précise que  je ne critique pas ces « ambassadeurs » sachant que la recherche de l’exotisme qu’ont certains hexagonaux est un fond de commerce sur lequel chaque artiste est libre de surfer (si pa ni soutirè…).

Fabrice


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