Chlordécone: que pouvons nous faire?


Cet article n’est en aucun cas un texte scientifique ou un rapport officiel, raison pour laquelle les informations sont documentées: Kreyol Base ne fait que regrouper des informations dispersées sur internet, rien de plus.


Lorsqu’on parle du chlordécone, on revient souvent sur une solution qui parait simple en théorie, mais qui est très loin de l’être en pratique: « il suffit de dépolluer » entent-on souvent… mais en pratique ce qu’il faut comprendre c’est que la molécule de chlordécone est très stable, voici le problème.

Molécule stable?

Cette molécule en forme de cage (structure très solide) appartient à la famille des organochlorés.

« Les organochlorés sont des substances très stables et bioaccumulables, donnant des produits de dégradation et de biotransformation encore plus stables, peu solubles dans l’eau, à faible tension de vapeur, d’où des problèmes d’accumulation dans les organismes et les écosystèmes via les chaînes alimentaires. Certains peuvent persister très longtemps dans les sols, les tissus végétaux et les graisses, ce pourquoi ils ont été interdits dans bon nombre de pays. » (Source: actu-environnement.com).

La molécule de chlordécone est non bio-dégradable, ce qui signifie que la nature n’a pratiquement aucun moyen de la dégrader par les processus habituels (« destruction » par les insectes, champignons etc) donc elle reste intacte pendant des périodes extrêmement longues. Il est impossible de s’en débarrasser sans l’intervention de l’homme et le pire c’est qu’il s’agit d’une molécule, donc invisible à l’œil nu.

Une molécule omniprésente?

Elle se déplace en permanence de part les cours d’eau, son stockage dans les végétaux, le corps des animaux ainsi que le notre. La pollution est tout aussi bien horizontale que verticale (le chlordécone parvient à se retrouver dans les sous-sols et les nappes phréatiques avec le ruissellement de l’eau de pluie). Même si des cartes sont disponibles pour déterminer les lieux contaminés ou non en réalité on peut supposer que quasiment tout le monde est concerné.

Même les parties en vert sont concernées (le code de couleur pourrait donner l’impression que le vert représente des zones saines)  Source de l’image : site de la DAAF Martinique

Maintenant que le sujet a été brièvement posé, on comprend qu’en tant que « simple citoyens » on ne peut rien faire de concret pour éliminer le chlordécone de nos propres sols nous même donc il ne reste que le soutien à la recherche.

Quelles pistes scientifiques pour le moment?

Certaines solutions sont en cours d’étude. Vu que la molécule a une structure très solide, des scientifiques se demandent  comment  l’extraire du sol et des eaux mais également la déstructurer sans que cela  n’entraîne une autre pollution. Voici quelques exemple:

Ce sont à peu près les seules études trouvées sur internet, mais peut être qu’il y en a d’autres qui ne sont pas publiques.

Parallèlement, il faut comprendre que cette pollution résulte d’un empoisonnement donc d’un crime: les responsables de cet empoisonnement que subit involontairement la population doivent donc être clairement identifiés et au moins s’engager à soutenir la recherche et la population qui souffre sans que cela passe pour une « bonne action »: le peuple ne va pas à la fois être victime collatérale du désastre et payer  avec des moyens qu’il n’a pas, ce serait le comble non?

Et de notre coté?

Pour commencer, voici une vidéo ludique mais très consciente de la chaîne YouTube  « Post-it Péyi » concernant la pollution au chlordécone et quelques solutions que nous pouvons mettre en place dans notre vie de tous les jours:

Soyons honnêtes, cette situation nous dépasse et nous ressentons probablement pour la plupart un sentiment d’impuissance face à ce scandale. Si nous pouvons agir c’est en se faisant entendre et en réclamant justice et des moyens concrets de faire avancer la recherche. Pour cela, il y a quelques pétitions « intéressantes » à signer sur internet:

CHLORDECONE: POUR UN DÉPISTAGE GRATUIT  : Pour ceux qui ne le savaient pas, un test sanguin est disponible au grand public afin de déterminer le taux d’intoxication: Il coûte 140€ et c’est la le problème vu qu’il n’est pas du tout remboursable par la sécurité sociale: si vous aussi trouvez cela indécent, vous pouvez simplement le faire savoir en signant cette pétition.

STOP A L’EMPOISONNEMENT DES HABITANTS DE MARTINIQUE ET DE GUADELOUPE! : C’est l’une des pétitions les plus relayées et s’adresse au président de la République française.

Signer ces pétitions ne va rétablir la santé de personne et ne fera pas disparaître le chlordécone des sols mais cela permet au moins de se joindre à une masse consciente et donner du poids aux revendications des personnes plus courageuses que nous qui les mènent: tout cela sans forcément s’engager à être un « gros militant ». Les actions menées par certains activistes ne sont pas à négliger car elles permettent de garder les consciences éveillées et que ce sujet ne retombe pas aux oubliettes comme avant.

En espérant que cet article vous ait apporté quelque chose, n’hésitez pas à le partager et à laisser un commentaires si vous connaissez d’autres pistes sur lesquelles se penchent les scientifiques, ou si vous avez d’autres actions citoyennes à proposer: il se pourrait qu’il soit mis à jour en fonction de vos contributions.


Liens utiles:

Projet Chlor’détox: Une initiative citoyenne dont l’intention est de favoriser la documentation et la décontamination par l’alimentation (n’hesitez pas à vous inscrire pour en savoir plus)

L’eau de pluie et ruisselement (OBVAJ)

Thèse d’une étudiante de l’université d’Evry: Etude de la dégradation biologique et chimique d’un pesticide persistant : la chlordécone 

Cartographie de la contamination  des sols en  Martinique


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